Wanted - Mark Millar - Jeffrey G. Jones (2003 us, 2008 fr)

Publié le par Paul B.



Wanted - Mark Millar (scénario) Jeffrey G. Jones (dessin) est un comic américain assez spécial, qui a donné lieu à un film (qui n'a quasi rien à voir avec le comic d'ailleurs) pas mal du tout, à condition d'accepter le niveau 0 de la réflexion intellectuelle. Quant à la bd, elle est assez troublante et non conventionnelle, on ne sait pas s'il faut chercher une finesse ou rester dans un premier degré de perplexité intense. Le pitch est alléchant : les super-vilains (...) ont eu l'idée de s'allier pour vaincre les super-héros dans le passé, ont réussi (vu que chaque super-héros avaient des dizaines de super-vilains pour lui tout seul), et on refait la réalité pour effacer dans les mémoires de tous le monde "d'avant" et régner en maîtres tranquilles sur une humanité moutonnière qui vit dans une existence aspetisée. Wesley fait partie de cette catégorie, mais un sosie de Hall Berry avec des oreilles de chat vient lui annoncer qu'il est le fils d'un super-vilain et qu'il doit en devenir un pour récupérer l'argent de son père décédé mystérieusement.

Donc, pas de super-héros. Le but du "héros", clone de eminem décérébé qui ne sait que tuer, est de gagner l'héritage de son père. Pour cela, il fait son apprentissage (sur des cadavres de mamies et dans une boucherie) puis tue n'importe qui pour le plaisir (genre tout ceux qui lui ont fait souffrir dans sa vie de looser : boss, meilleure ami etc etc.). Autour de lui, il aura pour ennemi Rictus (clone du Joker), "tas de merde" composé d'excréments (je n'invente pas^^), et bcp de barges dont un qui a un cerveau maléfique dans son caleçon à la place de ce qui aurait du y être. Tout ce petit monde s'oppose via un langage fort vulgaire et se déchire pour savoir s'il faut mieux être "super-vilain caché" et dominer le monde ou "super-vilain à découvert" et dominer le monde. Entre temps, ils s'occupent dans les mondes parallèles à taper sur les superhéros encore existants.

Sans prendre une posture "intello 2 euros", ce n'est pas ce genre de contexte qui m'enthousiasme. Mais en lisant le tout, on finit par se demander s'il n'y a pas un côté subversif à tout cela, tellement les accentuations sont prononcées. Le fait que le narrateur s'adresse directement au lecteur dès la première page et à la fin me paraît "suspect" : cette mise en parallèle du héros débile et du lecteur conduit à une identification un peu désobligeante pour le lecteur : non je ne fantasme pas de pouvoir tuer tout le monde pour avoir plein d'argent ! Réflexion sur le rôle cathartique du comic ? sur le lecteur - "comicvaure"qui s'échappe en lisant d'un boulot ennuyeux d'une vie triste etc ? sensation d'un "foutage de gueule généralisé" en lisant tout ca... Au final, je ne sais pas quoi penser de wanted, et c'est rare que ca m'arrive ! "chef d'oeuvre" subversif à plusieurs niveaux de lecture ? ou défoulement un peu limite ?

vers une autre chronique de wanted : sur morue la fée et sur mes bds à moi de yaneck.








Publié dans monde américain

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morue la fée 25/11/2009 08:55


voilà, ce doit être ça, j'ai du faire un blocage sur l'acceptation du niveau "0" de réflexion... moi aussi ça me laisse assez sceptique cet ouvrage... du coup j'ai tranché : c'est nul !! ^^