[K.BD] Premières complaintes, Notre mère la guerre #1

Publié le par Paul B.

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Premières complaintes, Notre mère la guerre #1 (Kris, scénario ; Maël, dessin)

Un tueur en série dans les tranchées de la première guerre mondiale : voici où Kris nous emmène.

Comme le dit Lunch, le meurtrier a le don d'ajouter des victimes au sein d'une boucherie qui n'en demande pas tant. Ce pitch, hautement invraisemblable, a quand même de quoi allécher : les corps mis en scène sur les tranchées sont des images qui marquent l'imaginaire. Il me semble que Kris fait passer sans trop de difficulté cette idée un peu bizarre, en s'appuyant sur une reconstitution fidèle de l'époque. Trop fidèle ? J'avoue m'être légèrement ennuyé par une partie du ton didactique employé : les poncifs sur la première guerre mondiale s'enfilent comme des perles. Mais bon, pour ceux qui n'y connaissent rien, il y a tout pour apprendre des choses. 

L'ennui, je l'ai retrouvé dans d'autres moments de l'album : le scénario fait preuve d'une certaine lenteur (ou d'un manque d'originalité),  j'ai glissé sur un certain nombre de personnage (le protagoniste principal ne m'a pas trop intéressé, et les persos secondaires non plus). Pour un tome d'introduction, on piétine. Même si on peut comparer ce piétinement au piétinement de l'enquête du héros... il n'empêche qu'on s'ennuie un peu quand même. A moment on se demande s'il y a adéquation entre le récit didactique sur la première guerre et sur l'histoire elle-même : les deux semblent séparés. L'un servant de prétexte à l'autre. L'introduction du livre est en décalage avec la suite : pourquoi cette séquence ? pourquoi la retrouver à la fin ? quel est le message ? La bd s'ouvre sur une scène dont on se demande l'intérêt (peut-être existe t'il dans la suite). Ensuite, l'histoire nous est racontée par le héros, en fin de vie : procédé déjà vu des milliers de fois. Point positif : pour le moment, le meurtrier est très silencieux, on ne le voit jamais, et on n'a aucune piste sur lui.

Quant au dessin, un peu trop 'français' et classique pour moi, il faut lui reconnaître de nombreuses qualités : le trait colle aux poilus, les couleurs collent à la guerre. C'est le découpage qui est ennuyeux : toutes ces cases sagement alignées... Mais la qualité graphique des dessins fait bonne impression.

Au final qu'en penser ? L'ensemble est cohérent, c'est une qualité : scénario qui tient la route (Kris sait écrire un scénario !) modulo une lourdeur didactique, dessins très beaux en adéquation avec le ton. Mais le résultat est très moyen, il manque le 'grain de sel' qui transformera la BD.Si vous voulez rester dans la 'première guerre mondiale' (genre promis à un bel avenir à mon avis), je vous oriente vraiment vers Les Sentinelles de Dorison et Breccia : un autre genre (des super-héros 'à la française'), mais beaucoup plus intéressant, avec un dessin exceptionnel.

Allez donc lire tous 'kbdiens' ici.

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Publié dans monde européen

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Benjamin 19/10/2010 13:07


Raah, faut lire le tome 2, il est vraiment très fort. Je trouve dommage de mettre côte à côte Sentinelles et Notre mère la guerre. Même si on a un contexte similaire (14-18), on est dans deux
récits dans des genres radicalement opposé. Les breccia/Dorison est vraiment centré sur la figure mythique du superhéros que l'on contextualise un petit peu différemment, c'est spectaculaire, bien
dessiné et bien scénarisé, mais je n'y trouve pas la profondeur que l'on trouve dans le Kris/Maël, ni son originalité de point de vue. Là ou je te rejoins, c'est sur le découpage qui est très
"gentil" et manque un petit peu d'audace.


Paul B. 19/10/2010 23:20



en effet, le breccia/dorison se sert de la guerre 14-18 comme décor 'flamboyant' à son épopée de superhéros 'à la française'. Ok aussi, kris./maël plus original. Bon allez, j'essaierai de lire le
tome 2 ! si si promis



Yaneck 17/10/2010 21:36


Bon, Kris, ça ne semble pas te faire accrocher. ^^
La dichotomie que tu présentes me semble moi au contraire bienvenue. Au lieu de faire une bd classique sur la guerre vue par les poilus, Kris nous la fait, vue par un "planqué, par un de ces types
qui resteront toujours à l'arrière. Pire encore, c'est tout de même un militaire, puisque gendarme. Du coups, ça donne un regard étranger sur la guerre, que je trouve plutôt bien vu, et assez peu
employé. Les Sentinelles, propose un regard interne, de soldat pris dedans. Ca reste une très bonne série, notamment par son côté Steampunk, mais le regard sur la guerre en elle-même reste
classique.
Vraiment, j'aime dans Notre Mère la guerre ce décalage introduit par le statut du narrateur.

Pour les autres questions, je pense que le deuxième tome répondra à bon nombre, et qu'on saura pourquoi le flash-back est utilisé, et qui est ce foutu tueur.


Paul B. 18/10/2010 12:46



c'est vrai c'est vrai, j'avais peu être été un peu abrupte. Le regard 'décalé' n'est pas inintéressant. L'opposition entre les meurtres en série et la grande boucherie n'est pas non plus
inintéressant, c'est même intéressant :)


il faudrait que je me pousse à lire le tome2 mais je suis guère motivé ! à voir