Les rues de sable - Paco Roca (2009)

Publié le par Paul B.

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Ayant découvert l'espagnol Paco Roca via l'excellent Rides, qui se consacrait avec finesse à l'univers de la maison de retraite et à la maladie d'alzheimer, j'ai bien sûr sauté sur l'occasion pour découvrir Les Rues de Sables, publié en 2009. J'y ai retrouvé le dessin léger et efficace de l'auteur. Quant à l'histoire, sous des apparences simples, il me semble qu'elle cache des ressorts plus ou moins secrets que je n'ai pas vraiment décodé complétement. Dans une petite ville, notre héros, à la bourre, emprunte un raccourci. Bien mal lui en a pris ! le voilà débarquant dans un quartier mystérieux, inconnu, extravagant et surtout duquel on ne trouve pas la sortie si facilement. S'ensuit un périple onirique de plus en plus accéléré, dans cet étrange lieu dont la temporalité semble bloqué, la logique enrayée et peuplé de toute une galerie de personnages excentriques et attachants (la postière muette, le vampire mélancolique qui archive tout ce qui se rapporte à ses amis avant que le temps ne les emporte, l'homme qui s'entraîne à faire un bon mort etc.). Au centre du quartier, 'l'hôtel", étrange tour immense où les voyageurs restent indéfiniment. A certain moment, il me semble que transparaît légèrement l'influence du voyage de Chihiro de Miyzaki à travers la figure de l'hôtel (bon, c'est peut-être que comme Chihiro, notre héros commence par s'occuper des chaudières). Sans queue ni tête, l'intrigue se déroule, s'appuyant, comme dans tout rêve, sur des ressorts et de liens plus au moins souterrains, des associations d'idées. Bien sûr à la fin, on cherche du sens à ce périple qui a su nous entraîner avec lui.

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Sans pouvoir vraiment vous donner des clés de lecture, je note juste qu'un thème récurrent semble sous-jacent, à savoir la mort  : dès le début, le héros transporte un corto maltese grandeur nature et emballé qui ressemble fortement à une momie, le vampire immortel s'entoure d'un musée de souvenirs de ses proches disparus, il y a aussi l'homme qui s'entraîne à faire le mort (sic), le héros qui voyage sur un cerceuil et les images finales, qui rappellent très nettement l'île des morts de Böcklin. Le quartier représente t'il un lieu de transition pour l'âme du héros (d'autant plus qu'avec son polo rayé noir et blanc "de prisonnier" on sent bien qu'il n'est pas prêt de s'en sortir) ? L'explication ne me convient pas, mais je cherche une raison à ces fréquents renvois au thème mortuaire. Sur le plan graphique, le trait appuie l'histoire avec la simplicité qu'il convient au format. Les couleurs sont travaillées : je me souviens de beaucoup d'accords rouge sang - pourpre - rose ; ainsi qu'une présence abondante du bleu.

L'intérêt pour Paco Roca se confirme donc après cette lecture ! Plus d'infos sur son chouette site.
Ma chronique de Rides, c'est par ici.

Bon allez, plus que 20 et quelques chroniques en retard à rédiger... celle-ci remonte quand même à une lecture de décembre !

=> correction, les 20 et quelques chroniques sont réglées : le blog passe en automatique jusqu'au 11 mai au rythme d'une chronique tous les 4-5 jours (si c'est pas une tentative d'anticipation !)

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Publié dans monde européen

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Yaneck 28/02/2010 14:00


Je prends note, et surtout, tu me donnes bien envie de lire cet album. J'ai moi aussi beaucoup aimé Roca, et dans son dessin, et dans son histoire, avec Rides.
Je tâcherai de le trouver.