Civil War - Millar - McNiven (2006-2007 us ; 2008 fr)

Publié le par Paul B.

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Civil War - Mark Millar au scénario - Steve McNiven au dessin (2006-2007 us ; 2008 fr). Millar c'est aussi les iconoclastes Superman Red Son (Superman né chez les communistes) et Wanted (les supervilains dominent le monde). Millar c'est donc un scénariste qui sait bousculer violemment les codes, et je me rends compte a posteriori à quel point wanted et super man red son sont finalement rafraîchissants dans leur genre. Ici on a plutôt à faire avec de l'artillerie lourde classique sans trop de choses qui fâchent. Visiblement, on a demandé à Millar quelque chose d'efficace, mais dénué de la pincée de sel qui aurait rendu la chose très attrayante. Concernant l'histoire : suite à des petits superhéros nullasses qui ont voulu s'attaquer à plus gros qu'eux pour faire grimper les stats de l'émission de téléréalité à laquelle ils participaient, un gros drame s'en était suivi, les superhéros doivent dévoiler leur identité secrète. Catastrophe ! les voici donc se chipouillant et se révoltant, la fronde étant menée par Captain America, et la position officielle défendue par le complexe Iron Man.

Je suis un peu ironique car cette bd se prend très au sérieux, mais il faut reconnaître que le scénario de Millar est vraiment bien construit et efficace : alternant batailles de bourrins et esquisses psychologiques (attachant Captain America, dérangeant et inquiétant Iron Man, spiderman un peu naif mais gentil etc.). Quelques éléments viennent rafraîchir un peu le tout : la première scène est très intéressante avec ces superhéros de second rang et ces supervilains qui paraissent dotés de sentiments ; le clone de Thor (bon je ne savais même pas quelle place occupait Thor dans la mythologie superhéroïque...) est aussi un personnage, trop peu utilisé, très intéressant car il apparaît comme une machine animée de quelques sentiments humains notamment par rapport à celui dont il usurpe finalement l'identité (le vrai Thor étant mort). Quand Iron Man recourt à des supervilains pour faire la chasse aux superhéros récalcitrants, cela ne manque pas de sel non plus. Mais, comme toujours dans toutes les bds de Millar que j'ai lu, le scénariste se garde bien de rester en dessous de la ligne limite où le genre "comic" est transfiguré vers quelque chose de beaucoup plus intéressant, et c'est vraiment agaçant !!! Et si le dessin sublime de McNiven dans certains plans donne un souffle épique puissant, il sert malheureusement une histoire qui se cantonne le plus souvent  à une machine efficace dénuée de sentiments. Si Millar avait osé dépassé les bornes, son association avec McNiven aurait vraiment pu donner quelque chose de très intéressant. Cependant, on referme l'album avec l'étrange sentiment d'avoir à faire à quelque chose de "très bien, mais...", beaux dessins, beau scénario, mais le tout ressemble trop à un beau produit commercial qu'à une vraie bonne bd, et pourtant ils étaient à un cheveu de basculer dans du très bon. Bon là encore, je suis trop exigeant par rapport à ce comic qui est efficace et c'est tout. Je vous laisse avec quelques dessins sublimes de McNiven qui vous convaicront sans trop de mal que vous passerez un bon moment avec Civil War.

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Publié dans monde américain

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Yaneck 31/03/2010 17:58


Il te manque tous les à côtés de l'histoire, qui la rendent bien plus profondes, dans toutes les autres séries.