Batman - Dark Knight - Frank Miller, Klaus Janson, Lynn Varley - (1986)

Publié le par Paul B.


Batman - Dark Knight - Frank Miller, Klaus Janson, Lynn Varley - (1986) Je suis tombé par hasard sur le "fameux" "édifiant" "extraordinaire" Batman - Dark Knight par Frank Miller himself. J'en avais beaucoup entendu parler : d'autant plus que c'est ce volume qui a grandement inspiré Nolan pour ses deux films, évidemment dans les films, toutes les idées sont passées à la moulinette "atténuation++", dommage au passage. Batman est sans nul doute est un des superhéros qui vieillit le moins, et l'atmosphère glauque dans laquelle il patauge reste toujours objet de fascination actuelle : Gotham City, "pourrie", dangereuse, crapuleuse, métaphore de la ville américaine, reste encore le reflet négatif des grandes villes américaines dans l'imaginaire collectif, bien que les choses aient bien changé. Le superhéros a aussi eu la chance de se voir porter sur grand écran par Burton à deux reprises ; par nolan aussi, bien que je sois plus partagé sur la réussite de ces derniers films : même Dark Knight, qui est "trop", et au cours duquel on ne fait qu'attendre les apparitions du Joker. Enfin bref, je digresse : que vaut donc ce batman par Miller ?

Eh bien : ca envoie, c'est trash, sans concession, et du plaisir en perspective durant tout l'album. Autant tout de suite prévenir : Batman est transformé en une espèce de brute vieillisante, incarnation même de la "justice par soi-même" dont la réfutation est la pierre fondatrice de tout notre système judiciaire. Pour Batman, s'agit-il vraiment d'aider les gens ou de faire le cow-boy et sa loi ? On peut véritablement se poser la question, du début à la fin trouble de l'album : au moment où commence la bd, Batman a pris sa retraite depuis un certain temps, et tout va mal à Gotham (comme d'habitude) ; mais le joker, devenu catatonique sans batman, n'embête personne depuis son hôpital. Les choses se précipitent quand Double Face est libéré, le visage refait par un chirurgien esthétique (et les frais des opérations payées par Bruce). C'est parti pour une vaste escalade de troubles et de violences.

Batman a aussi perdu Robin, remplacé ici par une adolescente, suggérant de manière plus ou moins implicite l'amour de Bat. pour Robin ou sa pédophilie (bon à voir, mais c'est troublant quand même!). Quant à sa relation au Joker : ce dernier la voit comme sado-masochiste : sa bonne humeur revenue avec le retour de Bat., le joker l'appelle "chéri" et sa lutte avec Bat. se termine dans une fête forraine, et plus précisément dans les lieux clichés d'une "rivière d'amour" avec barques et chérubin ! Selina - CatWoman est un personnage secondaire vieillit et bouffit. Et je vous épargne la suite des trasheries. Enfin un ton qui sort des convenances et c'est bien ! Sans parler des critiques de la télévision / médias : l'album étant bourré d'interviews, de présentateurs tvs, d'anonymes racontant leurs expériences vs Bat ou autres. La corrosion atteint son comble quand le Joker est délivré par son psy lors d'un show télévisé (qui finit meurtrier au passage).

Quant au graphisme, il est superbe (date de 1986 !) : cadrage, dessin, pleine pages, enchaînements etc. Wouah. Le scénario aussi, véritable calvacade et surenchères (avec brio).

Dans le genre "batman" : je vous conseille aussi vivement celui de Paul Pope "batman : year 100" qui revisite le mythe d'une manière originale et très différente de celle de Miller. On y retrouve toutefois la proximité "batman" - bête sauvage.








Publié dans monde américain

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Yaneck 06/10/2009 22:47


Oeuvre culte s'il en est....
Tu me donnes envie d'en faire la chronique. Vite, un troisième larron pour le faire entrer au top bd des blogueurs ^^

Et sinon, cet album n'est que de loin l'inspiration de Nolan.
L'oeuvre du cinéaste n'est pas du tout aussi trash. Disons que c'est de l'inspiration par principe. Car Cet album a transformé (avec Watchmen, Les Invisibles, V pour Vendetta) la bande dessinée
américaine pour les 20 années suivantes.