Aldébaran - Leo - rétrospective

Publié le par Paul B.

Aldébaran (1994 - 1998) - Leo (le brésilen Luiz Eduardo de Oliveira) constitue le premier cycle de ce qui deviendra les Mondes d'Aldébaran ; poursuivi par le cycle de Bételgeuse (5 tomes achevés, 2000-2004) et d'Antarès (en cours, deux tomes parus, commencé en 2007). Commençons d'emblée par souligner les points potentiellement "agaçants" de la saga qu'il vous faudra accepter pour poursuivre toute l'histoire ; le terme "agaçant" est peut-être un peu fort, tant ils contribuent peut-être à donner du "charme" à la série, lui donnant un ton unique. On passera rapidement sur le dessin, qui a un côté étrangement statique, mais qui, à mon avis, contribue bien à l'étrangeté des albums. Il faudrait plus s'attarder sur le déroulement narratif, qui souffre parfois de "couacs" : les pages souffrent parfois d'un "blabla" légèrement crispant qui annihile les émotions (dans le premier tome, le massacre du village ne suscite aucune émotion particulière !), Leo "devrait" laisser le dessin s'exprimer, et sortir du découpage "sage". Le "blabla" réduit aussi la force poétique des apparitions de la mantrisse (cf une des pages où le blabla commente ce qui se passe dans l'image, sans le charme de Blake et Mortimer). Le "blabla" finit aussi par pointer lui-même au lecteur les incohérences scénaristiques ! un comble sachant que toute histoire est souvent profondément irréaliste dans son agencement ! pas la peine de nous l'indiquer alors qu'on aurait pu l'oublier pour se laisser porter. Certaines situations semblent aussi complétement "hors de propos" (notamment certaines scènes concernant la sexualité des personnages qui semblent tout à fait "improbables") et les relations entre protagonistes forcées ou artificielles. L'articulation du  scénario  et la vraisemblance paraît souvent maladroits : en témoigne à mon avis le retour des terriens à la fin du tome 5 : trop peu de pages sont consacrés à un événement majeur par rapport au cycle d'Aldébaran.  Les personnages sont aussi souvent esquissés, parfois trop nombreux, alors que l'auteur dispose d'un bon matériel autour de kim et leo et avec l'étrangeté potentielle d'alexa et driss promis, sans vraiment le vouloir, à une forme d'immortalité. "Malheureusement", ces traits sont constants tout au long de la saga, et semblent même s'intensifier dans les derniers tomes (même si je n'ai pas eu le "courage" de lire Antarès tome 2).

1. la catastrophe (1994)
2. la blonde (1995)
3. la photo (1996)
4. le groupe (1997)
5. la créature (1998)

1. la catastrophe (1994)




Bon, après cette introduction un peu critique (mais quand on aime...) passons à ce qui rend la chose fort attrayante. Tout d'abord un background scénaristique très original : Leo imagine une colonisation spatiale  (débutée en  2078, avec une mise au point des techniques de dépassement de la vitesse de la lumière en 2037 -irréaliste ceci dit-) dans la souffrance et la difficulté : tout d'abord technique, économique, et humaine avec la disparition, inexpliquée, de vaisseaux spatiaux (le Johannes Kepler ; en 2084, le Tycho Brahe ; le Konstantin Tsiolkowsky), qui mettent en difficultés ces voyages. On notera au passage que les vaisseaux ont un certain style (croisement 70' et futur) très intéressant, surtout que l'on sait que depuis Star Wars, il est difficile de faire des vaisseaux très différents de ceux de la trilogie et convaincants. Le futur envisagé par Leo n'a rien de particulièrement enviable : entre exctinctions des espèce, pollution et crise économique terrienne, et est donc en conséquence assez réaliste. Deuxième point, l'acclimatation sur les autres planètes : les humains y sont confrontés à des créatures dangereuses (et magnifiques) issues de l'imagination prolifique de l'auteur. Enfin, la rencontre avec les intelligences extraterrestres ne se passent pas sans ambiguïtés : des "mantrisses" étranges, créatures immenses et multiformes, communiquant de planètes en planètes, se révèlent être la cause des disparitions (et donc des milliers de morts), croyant leurs environnements menacés.

Pour le cycle d'Aldébaran, l'univers mis au point est des plus alléchant : les premiers colons abandonnés à leur sort suite aux mésaventures des vaisseaux spatiaux, développent pendant un siècle d'abandon  de la part de la Terre une société dictatoriale (dictature militaire et religieuse), interdisant la musique et les arts, l'information libre, et limitant visiblement le progrès technologique. Entre un océan immense et inquiétant, des longues plages parsemées de dangers et des forêts vierges, Aldébaran n'offre pas véritablement de paysages paradisiaques... En tout cas, l'auteur joue avec différents atmosphères qui rendent la lecture addictive. L'histoire est menée autour du duo kim et marc qui prend un certain dynamisme dans le très bon second tome.

2. la blonde (1995)






3. la photo (1996)

4. le groupe (1997)

5. la créature (1998)









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